Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds d'équipement communal (FEC) ont officialisé, mercredi 22 juillet à Rabat, un deuxième accord de prêt de 150 millions d'euros destiné à soutenir la dynamique d'investissement des collectivités territoriales marocaines. Le financement lui-même n'est pas une nouveauté du jour : il avait été approuvé par le Conseil d'administration de la BAD le 10 décembre 2025 à Abidjan. Ce qui s'est joué à Rabat, c'est la cérémonie de signature formelle — accompagnée, elle, de deux éléments réellement nouveaux : un accord de don et une lettre d'intention inscrivant la coopération entre les deux institutions dans une perspective de long terme.
Deux semaines après les 205 millions d'euros accordés pour le corridor ferroviaire Kénitra–Marrakech, c'est le deuxième engagement financier de la BAD au Maroc que nous documentons cet été. Le rapprochement n'est pas anodin : il montre que la dynamique d'investissement institutionnel ne se limite pas aux grands corridors stratégiques nationaux, elle irrigue aussi l'échelon territorial.
- 150 M€ accordés au FEC pour financer les infrastructures des collectivités territoriales, approuvés le 10 décembre 2025 et signés le 22 juillet 2026.
- Deuxième signal BAD en deux semaines, après les 205 M€ du corridor ferroviaire Kénitra–Marrakech.
- Fait suite à un premier partenariat de 2024 (100 M€ BAD + 100 M€ AFD, simultanés).
- Part des bailleurs internationaux dans les ressources d'emprunt du FEC : 7 % en 2020 → plus de 23 % fin 2025.
Ce que finance concrètement cet accord
L'enveloppe de 150 millions d'euros permettra au FEC de poursuivre le financement de projets d'infrastructures durables, inclusives et résilientes : routes de désenclavement, réseaux d'eau potable, opérations de rénovation urbaine, équipements éducatifs et socioculturels. L'objectif affiché est de renforcer l'offre de services publics au niveau local — en particulier dans les zones rurales — tout en consolidant la résilience des territoires face au dérèglement climatique et en favorisant la création d'emplois.
La BAD complète ce financement par une assistance technique destinée à renforcer les capacités opérationnelles du FEC — une logique similaire à la composante de gouvernance qui accompagnait déjà le financement du corridor Kénitra–Marrakech : la Banque ne se contente pas de financer, elle investit aussi dans la capacité d'exécution de ses partenaires.
Un partenariat de long terme, pas un prêt ponctuel
Le FEC est, depuis plus de 65 ans, le partenaire technique et financier de référence des collectivités territoriales marocaines. Ce deuxième accord avec la BAD fait suite à un premier partenariat noué en 2024, année où le FEC avait signé simultanément deux conventions de financement international — l'une avec la BAD, l'autre avec l'Agence française de développement — pour 100 millions d'euros chacune. La signature de juillet 2026 n'est donc pas un geste isolé : elle prolonge une stratégie de diversification des sources de financement engagée depuis plusieurs années. Le FEC lui-même l'illustre par les chiffres : la part des bailleurs internationaux dans ses ressources d'emprunt est passée de 7 % en 2020 à 18 % en 2024, puis à plus de 23 % à fin 2025.
Pour Achraf Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, ces accords « actent une forte ambition partagée d'aller encore plus loin » pour les collectivités territoriales. Omar Lahlou, gouverneur et directeur général du FEC, évoque de son côté une confiance renforcée entre les deux institutions.
Deux échelles, une même trajectoire
Pris isolément, cet accord pourrait se lire comme une opération technique de financement local. Mis en perspective avec le financement du corridor Kénitra–Marrakech deux semaines plus tôt, il complète une image plus large : la BAD structure son engagement au Maroc à la fois au niveau des grandes infrastructures stratégiques et au niveau du tissu territorial. C'est cette double échelle — nationale et locale — qui donne de la consistance à la thèse d'un pays qui consolide, projet après projet, son attractivité pour l'investissement institutionnel.
Pourquoi ce dossier nous concerne directement
Notre édition de lancement, Maroc, terre d'investissement (septembre 2026), documente précisément cette accumulation de signaux. Après le corridor ferroviaire, c'est au tour des territoires ruraux et des collectivités locales de bénéficier de cette dynamique de financement — un fil que nous continuerons de suivre à mesure que de nouveaux accords seront annoncés.
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